Autour du 25 mars, partout en France, une dizaine de « mégaboums » et d’actions ont fait vivre cette mémoire et cette lutte. Trois ans jour pour jour après Sainte-Soline, nous étions encore là — dans les rues, devant les préfectures et les gendarmeries, sur les places et dans les salles. Marches silencieuses, manifestations, prises de parole, projections, chants, veillées, actions… autant de formes pour dire à la fois notre colère et notre joie.
Colère face à l’impunité, face aux violences révélées et confirmées, face aux tentatives d’étouffer la vérité. Mais aussi joie de se retrouver, de constater que la mobilisation tient, que la solidarité est intacte, et que nos luttes portent. Car oui, malgré les pressions, le système des méga-bassines est freiné : plusieurs projets ont été abandonnés ces dernières années. Rien n’est jamais gagné, mais la lutte paie !
Un moment fort également jeudi avec l’émission « Au poste », en direct depuis Melle, animée par David Dufresne, qui a permis de revenir en profondeur sur Sainte-Soline, des arbitrages préfectoraux aux situations extrêmement périlleuses vécues sur le terrain. Une discussion essentielle pour comprendre, documenter et ne pas laisser l’oubli s’installer, à revoir ici ⏭️ https://auposte.media/emissions/sainte-soline-3-ans-plus-tard-c-est-un-crime-politique-de-guerre
Ces journées ont aussi été rythmées par une richesse culturelle et politique : la projection du film « Animal totem » au cinéma Le Méliès en présence de Benoît Delépine, ou encore le spectacle « Au départ, il y a Guernica », avec Antoine Chao et Cécile Jarasillon, mêlant mémoire familiale, résistance au fascisme et partage collectif autour d’un repas convivial. Autant de moments qui nourrissent les réflexions et renforcent les liens.
Cette dernière journée samedi a rassemblé plus de 500 personnes au fil des heures, dans une diversité de formes et de voix. Tables rondes, prises de parole, projection du nouveau documentaire de Off Investigation ‘Sainte-Soline : autopsie d’un MENSONGE D’ÉTAT’, stands militants, chants, spectacles engagés et poétiques… : autant d’espaces pour revenir ensemble sur la répression brutale à Sainte-Soline, se tenir ensemble, mais aussi construire des perspectives pour la suite de la lutte.

Nous le réaffirmons avec force : nous continuerons le combat sur le terrain judiciaire, jusqu’à ce que justice soit rendue face aux violences policières abjectes. Violences policières, entraves au secours et impunité organisés jusque dans les plus hautes sphère de l’État. Il en sera de même pour stopper définitivement le développement des projets de méga-bassines et son complexe agro-industriel.


Nous avons également pris la mesure de l’offensive en cours sur l’eau, qui s’intensifie dangereusement. Avec la loi d’urgence agricole (LUA) en préparation, un nouveau cap est franchi. Tout concourt à affaiblir les cadres démocratiques et environnementaux. Ce texte menace de limiter encore davantage le débat public, de maintenir des projets contestés, et de donner aux préfet·es le pouvoir d’imposer des bassines en contournant les instances locales comme les SAGE et les commissions de l’eau. Cette trajectoire est inacceptable. Elle entérine des passages en force et vise à généraliser un modèle agro-industriel dépendant de l’irrigation intensive — un modèle à bout de souffle et mortifère que nous ne voulons plus ! Et parmi les témoignages qui ont marqué cette journée, il y a celui de Caroline de Cancer Colère, qui rappelle l’urgence absolue de sortir des pesticides pour protéger nos vies. Face à tout cela, nous portons d’autres chemins. Des agricultures paysannes, locales, respectueuses de l’eau et du vivant, qui existent déjà et qu’il faut soutenir.

Et puis il y a eu tout le reste — essentiel : l’engagement sans relâche de tou-tes qui a permis de vivre cette journée dans les meilleures conditions, la force des cantines solidaires, les gestes d’entraide, les regards complices, les discussions qui se prolongent… Tout ce que nous avons partagé, à travers ces preuves de solidarité concrètes et vivantes, fait notre force.

Malgré un contexte sous pression — arrêtés préfectoraux, déploiement massif de gendarmes — la journée s’est très bien déroulée. Dans ce contexte tendu, nous ne sommes pas tombé·es dans le piège qui nous était tendu par la Coordination Rurale 79 qui avait annoncé vouloir venir nous titiller, et qui a finalement manifesté de son côté, à la bassine de Sainte-Soline — une bassine déclarée illégale et toujours inutilisée. Et si elle est à l’arrêt aujourd’hui, c’est bien grâce à nos mobilisations !
Nous tenons à remercier tout particulièrement la municipalité et son maire Sylvain Griffault, qui ont permis que ces journées se déroulent dans des conditions apaisées et qui ont toujours permis à ce que le débat public puisse avoir lieu.

Ce week-end l’a encore formidablement prouvé : nous sommes là, nombreux·ses, déterminé·es, et plus uni·es que jamais. Sainte-Soline est un point d’ancrage, une mémoire vive, une ligne de front, une promesse. Celle d’arracher l’arrêt définitif des bassines, de continuer de défendre l’eau comme commun, et de faire plier ce modèle agro-industriel destructeur. Nous la tiendrons !
NO BASSARAN !
Les évènements autour des mégaboums du 25 mars : https://www.bassinesnonmerci.fr/non-classe/2026/03/26/3-ans-apres-sainte-soline-partout-en-france-vous-avez-ete-la/
Retours en images



















































