
# 3 ans après Sainte-Soline : nous sommes toujours là !
Il y a trois ans, des dizaines de milliers de personnes opposées aux méga-bassines se retrouvaient au milieu des champs à Sainte-Soline. Face à cette contestation populaire massive, le gouvernement a répondu par un déchaînement de violence. La terreur armée qu’il a choisie d’appliquer à Sainte-Soline visait clairement à frapper les corps, marquer les esprits, et tenter de briser un mouvement qui remettait en cause un modèle agricole destructeur et un accaparement inacceptable de l’eau.
Trois ans plus tard, nous le ré-affirmons avec force : nous n’oublierons jamais les blessé·es de Sainte-Soline, ni ce que cette journée révèle de la violence d’État et de l’impasse de la politique actuelle du maintien de l’ordre. Plus que jamais, il est nécessaire de sortir de cette logique répressive, de renforcer nos capacités de protection collective face aux violences policières, et de continuer à manifester, nous organiser et agir. Car la lutte continue !

# Une lutte toujours plus déterminée
Loin d’avoir été étouffée, la lutte contre les méga-bassines est toujours aussi forte, ancrée, déterminée et largement soutenue. Nous refusons toujours l’oubli et l’impunité.
En effet, en décembre dernier, après 2 ans et demi d’enquête, le procureur a décidé de classer sans suite les plaintes déposées ensemble par quatre blessé-e-s et leurs proches, pour les violences policières et l’entrave à l’arrivée des secours. Et ce, malgré l’existence de tirs non réglementaires, établis par des vidéos des caméras-piétons des gendarmes révélées récemment par Mediapart et Libération, montrant l’extrême gravité des comportements des forces de l’ordre à Sainte-Soline. Mais cela n’a pas arrêté ces quatre blessé-e-s graves de Sainte-Soline qui, avec leurs proches, ont déposé une nouvelle plainte collective permettant la réouverture de l’enquête, cette fois sous l’autorité d’un juge d’instruction, afin que les responsabilités soient enfin établies.
Dans les mois à venir, un rapport de la défenseuse des droits sur les violences policières (notamment à Sainte-Soline) sera rendu public et viendra également éclairer les faits.
ℹ️ Plus d’infos sur la saisine à la défenseure des droits des blessé-es et observateur-ices de Sainte-Soline 👉 https://blessures-ste-soline.com/

# Des avancées concrètes, fruits d’une mobilisation massive
Nous ne pouvons que constater que la diversité des revendications et des actions menées par des milliers de personnes et des centaines d’organisations a permis de faire profondément bouger le débat sur la gestion de l’eau à l’échelle nationale, et d’obtenir des avancées :
- aucun nouveau chantier de bassine n’a vu le jour en 2025 ;
- les financements publics des bassines sont gelés, dans l’attente d’études scientifiques et de concertations sur les bassins versants (HMUC, PTGE) ;
- la bassine de Sainte-Soline est toujours à l’arrêt, et les constructions de trois autres sont suspendues faute de dérogation “espèces protégées”, en raison de la présence de l’outarde canepetière ;
- le coût des bassines devient démentiel et intenable pour les porteurs de projets : les assurances se retirent, refusent de couvrir ces projets, et de plus en plus d’irrigants prennent conscience de l’impasse économique et écologique du modèle qui leur est imposé ;
- les collectifs contre les bassines se sont multipliés en France, partout où des projets menacent.
# Mais la bataille est loin d’être gagnée
Ces avancées montrent la force de notre mobilisation, mais la lutte est loin d’être terminée. Les porteurs de projets et le gouvernement cherchent toujours à imposer ce modèle néfaste ici et ailleurs.
En Deux-Sèvres, des dérogations pourraient être accordées pour relancer les projets de Sainte-Soline et de Saint-Sauvant.
Dans plusieurs territoires, les projets de bassines menacent, que ce soient en Charente-Maritime (21 bassines du bassin versant de la Boutonne), dans l’Hérault (5), ou dans le Cher (9)…
Après nous avoir imposé la catastrophique Loi Duplomb considérant les méga-bassines comme un « intérêt général majeur », l’alliance gouvernement-FNSEA prépare une nouvelle attaque d’ampleur contre nos ressources en eau. En effet, une loi dite “d’urgence agricole”, portée par Lecornu et présentée au Parlement en mars prochain, vise notamment à :
- développer le stockage de l’eau pour l’agro-industrie, au lieu de soutenir des solutions durables garantissant la préservation des milieux et des ressources face aux bouleversements climatiques ;
- libérer un maximum de projets hydrauliques bloqués sur les territoires via une directive adressée aux préfets par le 1er ministre ;
- doubler les budgets destinés au financement des projets de méga-bassines via la reconduction du Fonds hydraulique ;
- imposer un moratoire sur les décisions liées à la politique de l’eau, remettant en cause les instances qui tentent de gérer démocratiquement le partage et la protection de la ressource. Conséquence : suspension des textes fixant les volumes d’eau prélevables jusqu’à septembre (AUP) et remise en cause de la composition pluraliste des Commissions Locales de l’Eau (CLE) pour donner encore plus de poids à une minorité d’irrigants industriels ;
- instaurer une dérogation au décret de protection des eaux contre la pollution par les nitrates agricoles…
# Se retrouver, se souvenir, s’organiser
Face à un gouvernement qui choisit la fuite en avant autoritaire, nous appelons donc à poursuivre et intensifier la lutte, à multiplier les actions sous toutes leurs formes contre l’avancée des projets, à renforcer les liens entre les mouvements à toutes les échelles, à exiger un moratoire sur les bassines, et à porter ensemble une gestion de l’eau partagée et un modèle agricole respectueux des ressources et du vivant.
Nous appelons à nous rejoindre du 26 au 28 mars à Melle, pour trois jours de rencontres, de mémoire, de fête et de lutte. (Voir la pré-programmation ci-dessous – la jauge sera limitée alors n’hésitez pas à réserver vos places !)
Autour du 25 mars, partout en France, ce sera également l’occasion de dénoncer encore les faits commis. Nous interpellerons, devant les gendarmeries et préfectures, les auteurs de la violence de cette manifestation et nous nous réunirons dans des événements qu’ils soient des projections, des fêtes, des manifestations pour nous souvenir, nous soutenir et nous préparer à agir ensemble. (Infos à retrouver ICI !)
Trois ans après Sainte-Soline, nous sommes toujours là !
Et nous ne lâcherons rien !

Pré-programme :
Des précisions sur l’ensemble du programme viendront dans les prochains jours !
Jeudi 26 mars – Au cinéma Le Meliès – Projection du film « Animal totem » en présence du réalisateur Benoît Delépine
RDV à 21H au Meliès – Salle Anémone
Synopsis : De l’aéroport de Beauvais à La Défense, accompagné de sa valise à roulettes, Darius traverse à pied campagnes et banlieues pour mener à bien, et sans empreinte carbone, une mystérieuse mission.
Dans les limites des places disponibles ! Réservation conseillée !
Vendredi 27 mars – Au Café du boulevrad – Spectacle « Au départ, il y a Guernica » avec Antoine Chao et Cécile Jarsaillon, Khia Hemici
RDV à 19H30 au Café du boulevard pour un apéro / préparation et découpe des ingrédients
20H : Transmission de cette histoire familiale et radiophonique de la résistance au fascisme qui commence par une nouvelle écrite par Eduardo Galeano : « Elle avait cinq ans quand elle est partie… », avec préparation d’une paëlla en rouge et noir qui sera partagée dans la foulée (vers 21H).
Réservation conseillée !
Samedi 28 mars – au Metullum – Tables rondes / Spectacles / Reconstruction du cairn / Interchorale / Stands
Matin :
- Table ronde « Politique de l’eau : état des lieux, offensives actuelles de l’État et leviers de résistance », avec Julien Rivoire de Greenpeace France, Caroline de Cancer Colère 86, des membres de Bassines Non Merci,…
Midi :
- Pique-nique sur place – Ramène ton panier
Après-midi :
- Table ronde « Soins et Antirep : 3 ans après Sainte-Soline, quels enseignements tirer pour quelles stratégies d’autodéfense ? »
- Spectacle “Derrière le bleu” avec Robin Jamon
Une performance entre danse et témoignage
- Théâtre radiophonique “Simples P(r)êcheurs” Création Collectif Gigaphone
Entre sandwich au thon, écoterrorisme et Tchekhov, une narratrice raconte l’histoire de Jeanne et Noé, deux pêcheuses qui, après une rencontre quasi divine, ont envie de changer le monde. Ou plus modestement, ont envie de sauver leur petit village de Sainte-Sandrine.
Une performance entre danse et témoignage
Soir :
- Repas préparés par les cantines Mange ta langue et le comité local SDT 79
- Spectacle “Le silence des pantoufles” avec Antoine Chao, Cécile Jarsaillon, en duo radiophonique Noïse antifa
Performance radiophonique en réaction à la montée du fascisme pour guitares expérimentales, pédales, trompette dégradée, mâchoire d’âne, mégaphone et archives radiophoniques.

