SAINTE-SOLINE, 3 ANS APRÈS ! ÇA SE PASSE DU 25 AU 28 MARS

# 3 ans après Sainte-Soline : nous sommes toujours là !

Il y a trois ans, des dizaines de milliers de personnes opposées aux méga-bassines se retrouvaient au milieu des champs à Sainte-Soline. Face à cette contestation populaire massive, le gouvernement a répondu par un déchaînement de violence. La terreur armée qu’il a choisie d’appliquer à Sainte-Soline visait clairement à frapper les corps, marquer les esprits, et tenter de briser un mouvement qui remettait en cause un modèle agricole destructeur et un accaparement inacceptable de l’eau.

Trois ans plus tard, nous le ré-affirmons avec force : nous n’oublierons jamais les blessé·es de Sainte-Soline, ni ce que cette journée révèle de la violence d’État et de l’impasse de la politique actuelle du maintien de l’ordre. Plus que jamais, il est nécessaire de sortir de cette logique répressive, de renforcer nos capacités de protection collective face aux violences policières, et de continuer à manifester, nous organiser et agir. Car la lutte continue !

# Mettons en lumière les violences policières

La répression à Sainte-Soline est un exemple parmi tant d’autres. Partout en France, dans les quartiers populaires comme lors des mobilisations — des gilets jaunes aux luttes contre la réforme des retraites, en passant par les soutiens au peuple palestinien ou les combats contre des projets écocidaires …— les violences policières sont devenues une réalité récurrente. Autant de coups, de mutilations, de traumatismes, de morts, auxquels s’ajoutent presque toujours le déni, les mensonges, le silence institutionnel et l’impunité. Le mécanisme est désormais bien rodé : une répression brutale, des enquêtes qui s’enlisent ou sont classées sans suite, une exposition médiatique visant à discréditer les victimes, et l’impossibilité d’accéder à une justice réellement indépendante…

Nous refusons que cela se poursuive. Nous voulons mettre en lumière les véritables auteurs de la violence à travers un appareil policier armé, couvert par l’État et maintenu hors de toute responsabilité. Nous voulons reconquérir du pouvoir collectif et imposer des transformations profondes comme le désarmement de la police, l’aboutissement effectif des enquêtes ouvertes pour violences policières,…

C’est dans cet esprit que, le 25 mars, à l’occasion des trois ans de Sainte-Soline, nous appelons à organiser partout en France des « méga-boums » devant les symboles du pouvoir répressif : gendarmeries, commissariats, préfectures… Des méga-boums comme gestes de mémoire joyeux et déterminés, de solidarité et de résistance partagée, aux côtés de toutes celles et ceux qui ont subi les violences policières, à Sainte-Soline comme ailleurs.

Nous voulons faire de ces rassemblements des moments pour visibiliser les responsables des violences, pour affirmer que nous ne nous tairons pas, que nous n’oublierons pas, et que nous exigeons des comptes face à l’impunité policière et l’autoritarisme d’État.

# Une lutte toujours plus déterminée

Loin d’avoir été étouffée, la lutte contre les méga-bassines est toujours aussi forte, ancrée, déterminée et largement soutenue. Nous refusons toujours l’oubli et l’impunité.

En effet, en décembre dernier, après 2 ans et demi d’enquête, le procureur a décidé de classer sans suite les plaintes déposées ensemble par quatre blessé-e-s et leurs proches, pour les violences policières et l’entrave à l’arrivée des secours. Et ce, malgré l’existence de tirs non réglementaires, établis par des vidéos des caméras-piétons des gendarmes révélées récemment par Mediapart et Libération, montrant l’extrême gravité des comportements des forces de l’ordre à Sainte-Soline. Mais cela n’a pas arrêté ces quatre blessé-e-s graves de Sainte-Soline qui, avec leurs proches, ont déposé une nouvelle plainte collective permettant la réouverture de l’enquête, cette fois sous l’autorité d’un juge d’instruction, afin que les responsabilités soient enfin établies.

Dans les mois à venir, un rapport de la défenseuse des droits sur les violences policières (notamment à Sainte-Soline) sera rendu public et viendra également éclairer les faits.

ℹ️ Plus d’infos sur la saisine à la défenseure des droits des blessé-es et observateur-ices de Sainte-Soline 👉 https://blessures-ste-soline.com/

# Des avancées concrètes, fruits d’une mobilisation massive

Nous ne pouvons que constater que la diversité des revendications et des actions menées par des milliers de personnes et des centaines d’organisations a permis de faire profondément bouger le débat sur la gestion de l’eau à l’échelle nationale, et d’obtenir des avancées :

  • aucun nouveau chantier de bassine n’a vu le jour en 2025 ;
  • les financements publics des bassines sont gelés, dans l’attente d’études scientifiques et de concertations sur les bassins versants (HMUC, PTGE) ;
  • la bassine de Sainte-Soline est toujours à l’arrêt, et les constructions de trois autres sont suspendues faute de dérogation “espèces protégées”, en raison de la présence de l’outarde canepetière ;
  • le coût des bassines devient démentiel et intenable pour les porteurs de projets : les assurances se retirent, refusent de couvrir ces projets, et de plus en plus d’irrigants prennent conscience de l’impasse économique et écologique du modèle qui leur est imposé ;
  • les collectifs contre les bassines se sont multipliés en France, partout où des projets menacent.

# Mais la bataille est loin d’être gagnée

Ces avancées montrent la force de notre mobilisation, mais la lutte est loin d’être terminée. Les porteurs de projets et le gouvernement cherchent toujours à imposer ce modèle néfaste ici et ailleurs.

En Deux-Sèvres, des dérogations pourraient être accordées pour relancer les projets de Sainte-Soline et de Saint-Sauvant.

Dans plusieurs territoires, les projets de bassines menacent, que ce soient en Charente-Maritime (21 bassines du bassin versant de la Boutonne), dans l’Hérault (5), ou dans le Cher (9)

Après nous avoir imposé la catastrophique Loi Duplomb considérant les méga-bassines comme un « intérêt général majeur », l’alliance gouvernement-FNSEA prépare une nouvelle attaque d’ampleur contre nos ressources en eau. En effet, une loi dite “d’urgence agricole”, portée par Lecornu et présentée au Parlement en mars prochain, vise notamment à :

  • développer le stockage de l’eau pour l’agro-industrie, au lieu de soutenir des solutions durables garantissant la préservation des milieux et des ressources face aux bouleversements climatiques ;
  • libérer un maximum de projets hydrauliques bloqués sur les territoires via une directive adressée aux préfets par le 1er ministre ;
  • doubler les budgets destinés au financement des projets de méga-bassines via la reconduction du Fonds hydraulique ;
  • imposer un moratoire sur les décisions liées à la politique de l’eau, remettant en cause les instances qui tentent de gérer démocratiquement le partage et la protection de la ressource. Conséquence : suspension des textes fixant les volumes d’eau prélevables jusqu’à septembre (AUP) et remise en cause de la composition pluraliste des Commissions Locales de l’Eau (CLE) pour donner encore plus de poids à une minorité d’irrigants industriels ;
  • instaurer une dérogation au décret de protection des eaux contre la pollution par les nitrates agricoles…

# Se retrouver, se souvenir, s’organiser

Face à un gouvernement qui choisit la fuite en avant autoritaire, nous appelons donc à poursuivre et intensifier la lutte, à multiplier les actions sous toutes leurs formes contre l’avancée des projets, à renforcer les liens entre les mouvements à toutes les échelles, à exiger un moratoire sur les bassines, et à porter ensemble une gestion de l’eau partagée et un modèle agricole respectueux des ressources et du vivant.

Nous appelons à nous rejoindre du 25 au 28 mars à Melle, pour quatre jours de rencontres, de mémoire, de fête et de lutte.

Autour du 25 mars, partout en France, ce sera également l’occasion de dénoncer encore les faits commis. Nous interpellerons, devant les gendarmeries et préfectures, les auteurs de la violence de cette manifestation et nous nous réunirons dans des événements qu’ils soient des projections, des fêtes, des manifestations pour nous souvenir, nous soutenir et nous préparer à agir ensemble. (Infos à venir !)

Trois ans après Sainte-Soline, nous sommes toujours là !

Et nous ne lâcherons rien !

Pré-programme :

Des précisions sur l’ensemble du programme viendront dans les prochains jours !

25 mars – MELLE et PARTOUT EN FRANCE – Mégaboums devant les gendarmeries, préfectures, commissariats,… pour faire front collectivement face aux violences policières

RDV à 19H devant le pont aux roses, place Bujault à Melle (79). Puis cortège vers la gendarmerie (6 rue Azuré).

26 mars – MELLE – Projection du film « Animal totem » en présence du réalisateur Benoît Delépine

RDV à 21H au Meliès – Salle Anémone

Synopsis : De l’aéroport de Beauvais à La Défense, accompagné de sa valise à roulettes, Darius traverse à pied campagnes et banlieues pour mener à bien, et sans empreinte carbone, une mystérieuse mission.

27 mars – MELLE – Spectacle « Au départ, il y a Guernica » avec Antoine Chao et Cécile Jarsaillon, Khia Hemici

RDV à 19H30 au Café du boulevard pour un apéro / préparation et découpe des ingrédients

20H : Transmission de cette histoire familiale et radiophonique de la résistance au fascisme qui commence par une nouvelle écrite par Eduardo Galeano : « Elle avait cinq ans quand elle est partie… », avec préparation d’une paëlla en rouge et noir qui sera partagée dans la foulée (vers 21H).Réservation conseillée !

28 mars – MELLE – Tables rondes / Spectacles / Reconstruction du cairn / Interchorale / Stands

Toute la journée :

  • Reconstruction du cairn – Chacun.e ramène une pierre de chez soi à l’édifice !
  • Pique-nique sur place – Ramène ton panier
  • En fin de journée, célébration du cairn avec l’Interchorale

Au Metullum :

Matin :

  • Table ronde « Politique de l’eau : état des lieux, offensives actuelles de l’État et leviers de résistance »

Après-midi :

  • Table ronde « Soins et Antirep : 3 ans après Sainte-Soline, quels enseignements tirer pour quelles stratégies d’autodéfense ? »
  • Spectacle “Derrière le bleu” avec Robin Jamon

Une performance entre danse et témoignage

  • Théâtre radiophonique “Simples P(r)êcheurs” Création Collectif Gigaphone

Entre sandwich au thon, écoterrorisme et Tchekhov, une narratrice raconte l’histoire de Jeanne et Noé, deux pêcheuses qui, après une rencontre quasi divine, ont envie de changer le monde. Ou plus modestement, ont envie de sauver leur petit village de Sainte-Sandrine.

Une performance entre danse et témoignage

Soir :

  • Spectacle “Le silence des pantoufles” avec Antoine Chao, Cécile Jarsaillon, en duo radiophonique Noïse antifa

Performance radiophonique en réaction à la montée du fascisme pour guitares expérimentales, pédales, trompette dégradée, mâchoire d’âne, mégaphone et archives radiophoniques.

Pour communiquer sur cette semaine :

L’affiche

L’affiche pour les méga-boums, à personnaliser

L’appel avec le pré-pragramme

Le Pré-programme

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *